Lettre de départ à la retraite : modèle et préavis à respecter

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Votre relevé de carrière est bon, la date de départ est choisie, et il faut maintenant l’annoncer à l’employeur. Un coup de fil ou un mot au service RH ne suffit pas : le départ volontaire à la retraite se notifie par écrit, avec un préavis qui court à partir de la réception du courrier. Mal daté, il peut vous obliger à rester quelques semaines de plus ou vous faire perdre une partie de l’indemnité. Le bon courrier tient en une page.
En bref : le salarié qui part volontairement à la retraite respecte le même préavis qu’en cas de licenciement (article L1237-10 du code du travail) : 1 mois entre 6 mois et 2 ans d’ancienneté, 2 mois à partir de 2 ans, sauf durée plus favorable prévue par la convention collective ou accord de l’employeur. La lettre part en recommandé avec accusé de réception ou est remise en main propre contre décharge. Avec au moins 10 ans d’ancienneté, le salarié touche une indemnité légale de départ d’au moins un demi-mois de salaire.
Quel préavis respecter pour un départ volontaire à la retraite ?
Le préavis de départ volontaire à la retraite est de 1 mois pour une ancienneté de 6 mois à moins de 2 ans, et de 2 mois à partir de 2 ans d’ancienneté chez le même employeur. L’article L1237-10 du code du travail renvoie en effet aux durées du préavis de licenciement fixées par l’article L1234-1.
En dessous de 6 mois d’ancienneté, le code du travail ne fixe pas de durée : c’est la convention collective, le contrat de travail ou, à défaut, l’usage qui la détermine. Dans tous les cas, une convention collective, un accord ou le contrat peut prévoir une règle plus favorable au salarié. Avant d’écrire, il faut donc ouvrir la convention collective de l’entreprise, à la rubrique « départ à la retraite » ou « préavis ».
| Ancienneté chez l’employeur | Préavis légal de départ à la retraite |
|---|---|
| Moins de 6 mois | Durée fixée par la convention collective, le contrat ou l’usage |
| De 6 mois à moins de 2 ans | 1 mois |
| 2 ans ou plus | 2 mois |
Le préavis commence le jour où l’employeur reçoit la lettre ou la signe en main propre, pas le jour où vous la rédigez. Une lettre remise le 3 mars, avec un préavis de 2 mois, conduit à une fin de contrat le 3 mai au plus tôt.
Quand envoyer la lettre par rapport à la demande de retraite ?
La demande de pension se dépose au moins 5 mois avant la date de départ souhaitée, et l’administration conseille de la faire entre 4 et 6 mois avant. La demande est unique : elle se fait en ligne sur le site Info Retraite, depuis le compte retraite, et elle est transmise à tous les régimes de base et complémentaires.
La date de départ en retraite est toujours le 1er jour d’un mois. Le calendrier le plus simple consiste donc à partir de cette date et à remonter :
- 5 à 6 mois avant : demande de retraite en ligne, avec la date d’effet choisie ;
- 2 mois et quelques jours avant (ou 1 mois selon l’ancienneté) : envoi de la lettre à l’employeur, pour que le préavis se termine la veille du départ ;
- dernier jour du contrat : remise du certificat de travail, du reçu pour solde de tout compte et de l’attestation France Travail.
Prévoir quelques jours de marge pour l’acheminement du recommandé évite qu’un préavis qui démarre tard repousse la fin du contrat au-delà du premier jour de la retraite.
Modèle de lettre de départ à la retraite
Ce modèle reprend la structure de celui proposé par le ministère du Travail sur le Code du travail numérique. Il comporte deux options : exécuter tout le préavis, ou demander un départ anticipé. Conservez une seule des deux.
[Prénom Nom]
[Adresse]
[Code postal, Ville]
[Nom de l’entreprise]
À l’attention de [Nom et fonction du destinataire, par exemple la directrice des ressources humaines]
[Adresse]
[Code postal, Ville]
Lettre recommandée avec accusé de réception n° [numéro] (ou : lettre remise en main propre contre décharge)
À [Ville], le [date]
Objet : notification de mon départ volontaire à la retraite
Madame, Monsieur,
Salarié(e) de l’entreprise depuis le [date d’embauche], où j’occupe actuellement le poste de [intitulé du poste], je vous informe de ma décision de quitter l’entreprise afin de faire valoir mes droits à la retraite.
Option 1, préavis exécuté : conformément aux dispositions applicables, j’effectuerai un préavis de [1 ou 2 mois, ou durée prévue par la convention collective] à compter de la réception de la présente lettre. Mon contrat prendra donc fin le [date], et mon départ en retraite prendra effet le [1er jour du mois suivant].
Option 2, départ anticipé : je souhaiterais, si vous en êtes d’accord, être dispensé(e) de tout ou partie de mon préavis, afin que mon contrat prenne fin le [date souhaitée]. Je reste à votre disposition pour convenir ensemble de cette date.
À la fin de mon contrat, je vous remercie de bien vouloir me remettre mon certificat de travail, mon reçu pour solde de tout compte et mon attestation destinée à France Travail, ainsi que l’indemnité de départ à la retraite à laquelle j’ai droit.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
Le courrier n’a pas à expliquer la décision ni à joindre un justificatif de trimestres : le départ volontaire est un choix du salarié, qui n’a pas besoin de l’accord de l’employeur. Mentionner la date d’embauche est utile, car elle fixe l’ancienneté qui commande à la fois le préavis et l’indemnité.
Quelle indemnité de départ à la retraite toucher ?
Le salarié qui part volontairement à la retraite avec au moins 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise a droit à une indemnité légale qui va d’un demi-mois à 2 mois de salaire selon l’ancienneté. Elle n’est versée qu’une seule fois, au moment de la demande de pension de retraite de base.
| Ancienneté dans l’entreprise | Indemnité légale minimale |
|---|---|
| Moins de 10 ans | Pas d’indemnité légale (sauf disposition conventionnelle) |
| De 10 ans à moins de 15 ans | 1/2 mois de salaire |
| De 15 ans à moins de 20 ans | 1 mois de salaire |
| De 20 ans à moins de 30 ans | 1,5 mois de salaire |
| 30 ans et plus | 2 mois de salaire |
Le salaire retenu est le plus avantageux de deux calculs : 1/12 de la rémunération brute des 12 derniers mois, ou le tiers de la rémunération brute des 3 derniers mois, les primes annuelles ou exceptionnelles étant alors ramenées à la période. Exemple : avec 22 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 2 400 € brut, l’indemnité légale atteint 1,5 × 2 400 = 3 600 € brut.
Une convention collective, un accord d’entreprise ou de branche peut prévoir un montant plus élevé, et c’est alors ce montant qui s’applique. Côté fiscal, l’indemnité de départ volontaire est imposable à l’impôt sur le revenu et soumise à la CSG et à la CRDS, sauf départ dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi. S’y ajoutent, le cas échéant, l’indemnité compensatrice de congés payés non pris et, si l’employeur vous dispense de préavis, l’indemnité compensatrice de préavis.
Ce régime est différent de la mise à la retraite décidée par l’employeur, qui obéit à d’autres conditions et à une indemnité plus élevée.
Recommandé ou remise en main propre ?
Les deux modes d’envoi sont valables et donnent une date certaine au point de départ du préavis : la lettre recommandée avec accusé de réception ou la remise en main propre contre décharge. La loi n’impose pas de forme particulière, mais l’administration recommande le recommandé.
La remise en main propre convient quand l’employeur peut signer tout de suite un double daté de la lettre, avec la mention « reçu en main propre le [date] ». Le recommandé reste la solution la plus sûre dans une grande structure ou si les relations sont tendues : l’avis de réception fait foi. Un simple e-mail laisse un doute sur la date de réception et sur la volonté claire de partir à la retraite.
Peut-on partir sans faire son préavis ?
Oui, à condition que l’employeur l’accepte. Le préavis est la règle, mais l’employeur peut accorder une durée plus courte ou un départ sans préavis : c’est l’option 2 du modèle. Sans accord écrit, le salarié reste tenu d’exécuter le préavis en entier.
Si c’est l’employeur qui vous dispense de préavis, de lui-même, il vous verse l’indemnité compensatrice correspondant au salaire de la période. Si c’est vous qui demandez à partir plus tôt et qu’il accepte, la période non travaillée n’est pas payée. Mieux vaut donc obtenir la réponse par écrit avant de fixer la date d’effet de la retraite.
Questions fréquentes
L’employeur peut-il refuser un départ volontaire à la retraite ?
Non. Le départ volontaire est une décision du salarié. L’employeur ne peut discuter que des modalités, en particulier une éventuelle réduction du préavis.
Quelle date de départ inscrire dans la lettre ?
La date de fin de contrat doit tomber au plus tôt à la fin du préavis, et la retraite prend effet le 1er jour d’un mois. Choisissez une fin de contrat la veille de ce 1er jour, par exemple le 31 mai pour une retraite au 1er juin.
Sources
Sources consultées le 16 octobre 2026.
Vérifié à cette date. Les règles évoluent : reportez-vous à la source officielle avant toute démarche.
- Un salarié qui part à la retraite a-t-il droit à une indemnité de départ ? | Service Public, www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F13965
- Comment demander sa retraite quand on est salarié ? | Service Public, www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F13941
- www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006195638
- code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/un-salarie-qui-part-a-la-retraite-a-t-il-droit-a-une-indemnite-de-depart
- code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l1237-10
- code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l1234-1
- code.travail.gouv.fr/modeles-de-courriers/notification-du-depart-du-salarie-a-la-retraite
- Licenciement économique, indemnités | Service Public, www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F15189